Partager l'article ! ESCALE EN POESIE 2009: PRINTEMPS DES POETES Lecture et Dialogue a organisé le 6 mars sa deuxième "ESCALE E ...
PRINTEMPS DES POETES
Lecture et Dialogue
a organisé le 6 mars sa deuxième "ESCALE EN POESIE"
dans l’ancien restaurant du Château de Plaisir.
Petit retour sur cette soirée.
Accueil des spectateurs
Les invités prennent place dans une salle
décorée le matin par quelques volontaires de Lecture et Dialogue.
Présentation de la
soirée par la Présidente.
A 19h 30 précises débute la « Conférence spectacle ».

Michel Rassat évoque la vie de Georges Brassens avant qu’il ne devienne célèbre,
aidé par Bob Randriamaro à l’accordéon
et Christian Moré récitant.
L’occasion pour certains de découvrir Georges avant qu’il ne soit Brassens et de reprendre en cœur deux des premières chansons écrites par Georges.
En deuxième partie la « Scène ouverte » a accueilli les participantes du Groupe « Paroles ».
Elles ont présenté des textes en lien avec le thème de cette édition du Printemps des Poètes : « RIRES » qui rend hommage à Jean Tardieu.
Angélique « Métamorphoses » et « vraiment vous perdez le sens »
Jacqueline « Conversation » et avec Sylvie «Les difficultés essentielles »
Jeanne « Dilemme »
Josette « La mouche et l’océan » et « Rengaine pour un piano mécanique »
Lucette « Les préfixes » « Solipsismes » et « Le promeneur »
Marie « Cœurs d’enfants » et « Les erreurs »
Sylvie a récité « Les mots »
les textes sont repris
ci-dessous.
Puis les participantes du Groupe « Spirale » ont récité quelques uns de leurs textes 

et chanté une parodie de leur composition
sur l’air « Un petit coin de paradis »
suivi d’un RAP composé par Marie Françoise, épouse de Bob.
Enfin, les participantes du Groupe « Mnésique » ont interprété un classique de Brassens rebaptisé « Les copines d’abord »
LES COPINES D’ABORD
Adaptation pour la soirée Escale en Poésie
Non, ce n’était pas un cadeau
D’animer toutes ces ex-ados
Il a fallu pourtant qu’j’ m’y colle
Pourtant que j’m’y colle
Les joies les rires et les plaisirs
Les poésies à applaudir
Apprises par les copines d’abord
Les Copines d’abord.
Ce n’sont pas des amies de luxe
Des sœurs de Castor et Pollux
Enfants de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C’étaient pas des amies choisies
Mais le hasard a bien suivi
Servant, et oui, grand réconfort
Aux copines d’abord.
Les réunions du groupe mnésique
C’est pour ne pas être amnésique
Entretenir nos p’tits neurones
Nos petits neurones
Oui, mais jamais, au grand jamais
On s’prend la tête si nulle ne sait
On souffle, on rit, on applaudit
Et on est ravies.
Ce n’est pas qu’d’la littérature
A l’origine d’cette aventure
N’en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Mais d’la mémoire et des beaux text’s
Que nous cherchons, ah! Quel prétexte
Pour réciter coquin de sort
Aux copines d’abord.
Ce n’sont pas des anges non plus
Mais sont toujours très assidues
Nous aimons bien nous retrouver
Autour d’un café
Andrée, Michèle ou Anne Marie
Récitent des textes qu’elles ont écrits
On applaudit et on adore
Les copines encore !!
Au moindre coup de Trafalgar
C'est l'amitié qui reprend l'quart
C'est elle qui nous rendra plus fortes
Nous rendra plus fortes
Alors quand l’une est en détresse
Qu'elle nous envoie un S.O.S.
On est toutes là et on phosphore
Encore et encore.
Et vous ici si m’en croyez
Jouez, chantez et puis rêvez
C’est le secret de la jeunesse
Oui de la jeunesse
La poésie est un plaisir
Et croyez m’en elle fait grandir
Et toutes ici nous on l’adore
Oui nous on l’adore.
Le spectacle
terminé, les spectateurs ont été invités à boire le verre de l’amitié tout en admirant l’exposition, préparée par Michel et retraçant la vie de Brassens.

Et pour finir le décor est démonté !
Vous pouvez voir plus de photos dans l'album de Lecture et Dialogue.
lien de la colonne de droite à la hauteur de la photo de Christian.
Ci-dessous les Textes de Jean Tardieu
Les mots de tous les jours (La part de l'ombre) (Sylvie)
Il faut se méfier des mots. Ils sont toujours trop beaux, trop rutilants et leur rythme vous entraîne, prêt à vous faire prendre un murmure pour une pensée.
Il faut tirer sur les mors sans cesse, de peur de ces trop bouillants coursiers ne s'emballent.
J'ai longtemps cherché les mots les plus simples, les plus usés, même les plus plats. Mais ce n'est pas encore cela : c'est leur juste assemblage qui compte.
Quiconque saurait le secret usage des mots de tous les jours aurait un pouvoir illimité, - et il ferait peur.
Vraiment vous perdez le sens (Margeries) (Angélique)
Qu'est-ce que ça veut dire ? un pré, un fer, une fée? Et finir par un ré?
Plus je répète ces syllabes, plus je m'étonne et m'enchante, me déconcerte et m'égare. Tantôt le mot est vidé de tout sens, tantôt il s'ouvre à tous vents.
Tantôt transparent et désert, tantôt plein et opaque, une bulle ou une outre, tantôt un sac magique, un chapeau d'où l'on peut faire surgir toutes sortes de choses : un ballon un œuf une colombe un gobelet.
Quoi ! Irais-je préférer un ballon à un œuf, une colombe à un gobelet ?
Qui vous l'a dit ? Cela n'a aucun sens.
Donc je préfère rien. Je m'arrête de préférer. J'aime mieux ne rien préférer.
Solipsisme (le fleuve caché) (Lucette)
Quand j'y suis pas?
C'est-i l'bureau ?
C'est-i la porte ?
C'est-i l'parquet ?
C'est-i l'plafond ?
C'est-i la rue ?
C'est-i la terre ?
C'est-i le ciel ?
Ah, nom de nom !
Quand j'y suis pus
y-a pus personne.
A preuve ? C'est que quand j'reviens
Je ramèn' tout à la maison :
Et v'là la terre
Et v'là le ciel
Et v'là la rue
Et ma maison
Et v'là la porte
Et v'là l'parquet
Et v'là l'plafond !
Conversation (le fleuve caché) (Jacqueline)
Comment ça va sur terre?
- ça va, ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères ?
- Mon Dieu oui merci bien.
Et les nuages?
- ça flotte.
Et les volcans?
- ça mijote.
Et les fleuves ?
- ça s'écoule.
Et le temps ?
- ça se déroule.
Et votre âme ?
- elle est malade
Le printemps était trop vert ………….. elle a mangé trop de salade.
La mouche et l'océan. (Margeries) (Josette)
Une mouche se balançait
Au dessus d'un océan,
Tout à coup elle se sentit
Prise dans le froid.
Métamorphoses (le fleuve caché) (Angélique)
Dans cette nuit noire
Que nous fait l'histoire
J'avance à tâtons
Toujours étonné
Toujours médusé :
Je prends mon chapeau
C'est un artichaut
J'embrasse ma femme
C'est un oreiller
Je caresse un chat
C'est un arrosoir
J'ouvre la fenêtre
Pour humer l'air pur
C'est un vieux placard
Plein de moisissures
Je prends un crapaud
Pour un encrier
La bouche d'égout
Pour la boite aux lettres
Le sifflet du train
Pour une hirondelle
Le bruit d'un moteur
Pour mon propre cœur
Un cri pour un rire
La nuit pour le jour
La mort pour la vie
Les autres pour moi.
Le dilemme (le fleuve caché) (Jeanne)
J'ai vu des barreaux
Je m'y suis heurté
C'était l'esprit pur.
J'ai vu des poireaux
Je les ai mangés.
C'était la nature
Pas plus avancé !
Toujours des barreaux
Toujours des poireaux !
Ah ! si je pouvais
Laisser les poireaux
Derrière les barreaux
La clé sous la porte
Et partir ailleurs
Parler d'autre chose !
Rengaine pour piano mécanique (le fleuve caché) (Josette)
Dépêche toi de rire
Il en est encore temps
Bientôt la poêle à frire
Et adieu le beau temps.
D'autres viendront quand même
Respirer le beau temps
C'est pas toujours les mêmes
Mais y a toujours des gens.
Sous le premier empire
Y avait des habitants
Sous le second rempire
Y en avait tout autant.
Même si c'est plus les mêmes
Tu t'en iras comme eux
Tu t'en iras quand même
Tu t'en iras chez eux.
C'est pas moi c'est mes frères
Qui vivront après moi.
Même chose que mon grand père
Qui vivait avant moi
Même si c'est plus les mêmes
On est content pour eux
Nous d'avance on les aime
Sans en être envieux
Dépêche toi de rire
Il en est encore temps
Et adieu le beau temps…
Les préfixes (le fleuve caché) (Lucette)
A mesure que je vois
J'oublie, j'oublie
J'oublie tout ce que je vois.
A mesure que je pense
Je dépense, je dépense !
A mesure que je vis
Je dévie, je dévie !
Mais à mesure que je meurs
Je demeure je demeure.
Les erreurs (le fleuve caché) (Marie)
Je suis ravi de vous voir bel enfant vêtu de noir.
- Je ne suis pas un enfant je suis un gros éléphant.
Quelle est cette femme exquise qui savoure des cerises?
- C'est un marchand de charbon qui s'achète du savon
Ah ! que j'aime entendre à l'aube roucouler cette colombe !
- C'est un ivrogne qui boit dans sa chambre sous le toit.
Mets ta main dans ma main tendre je t'aime ô ma fiancée !
- je n'suis point vot'fiancée, je suis vieille et j'suis pressée laissez moi passer !
Le promeneur (Margeries) (Lucette)
Je vais et je viens dans ma tête
Je n'en finis pas de marcher
Même en dormant je me promène
Je monte mille escaliers
J'arrive au bord de la Seine
Où sont tant de gens rassemblés
Mais c'est le temps qu'ils voient couler
Avec le sang de leurs veines.
Chœur d'enfants (le fleuve caché) (Marie)
Tout ça qui a commencé
Il faut bien que ça finisse :
La maison zon sous l'orage
Le bateau dans le naufrage
Le voyageur chez les sauvages
Ce qui s'est manifesté
Il faut que ça disparaisse :
Feuilles vertes de l'été
Espoir jeunesse et beauté
An-ci-en-nes vérités.
Moralité :
Si vous ne voulez rien finir
Evitez de rien commencer.
Si vous ne voulez pas mourir
Quelques mois avant de naître
Faites vous décommander.
Les difficultés essentielles (le fleuve caché) (Sylvie et Jacqueline)
Monsieur met ses chaussettes
Monsieur les lui retire,
Monsieur met sa culotte
Monsieur la lui déchire.
Monsieur met sa chemise
Monsieur met ses bretelles
Monsieur met son veston
Monsieur met ses chaussures :
Au fur et à mesure
Monsieur les fait valser.
Quand Monsieur se promène
Monsieur reste au logis
Quand Monsieur est ici
Monsieur n'est jamais là
Quand Monsieur fait l'amour
Monsieur fait pénitence.
S'il prononce un discours
Il garde le silence,
S'il part pour la forêt
C'est qu'il s'installe en ville,
Lorsqu'il reste tranquille
C'est qu'il est inquiet
Il dort quand il s'éveille
Il pleure quand il rit
Au lever du soleil
Voici venir la nuit ;
Vrai ! C'est vertigineux
De le voir coup sur coup
Tantôt seul tantôt deux
Levé couché levé
Debout assis debout !
Il ôte son chapeau
Il remet son chapeau
Chapeau pas chapeau
Pas de chapeau chapeau
Et jamais de repos.
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